Réflexion ouverte sur l’écriture inclusive
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Réflexion ouverte sur l’écriture inclusive

Les discussions autour de l’écriture inclusive soulèvent bien des questions et des débats, notamment autour de l’égalité des genres. Parlons-en!

Introduction & Ressources

Explications entre camarades

Avant de nous lancer dans ce sujet fascinant, il convient de mettre des mots sur des choses et de mettre de côté quelques préjugés.

Pour la définir en une phrase de Laélia Véron, linguiste et enseignante-chercheuse, l’écriture inclusive est la représentation égale des hommes et des femmes dans la langue. 

Là déjà, il peut y avoir débat mais c’est un point important de cet article: je n’écris pas aujourd’hui pour lever les armes mais pour exposer ce que j’ai compris de ce sujet et partager un point de vue tout à fait subjectif. Par extension, c’est introduire aussi comment ledit point de vue va petit à petit influencer ma propre écriture d’écrivain de fantasy.

En cela, je trouve important de t’en dire un peu sur moi pour que tu lises mon discours sous un angle moins biaisé par ton interprétation et plus biaisé par ma lecture du monde, puisque c’est ce que tu vas trouver ici.

Je ne suis pas convoyeur de vérité, juste d’idées, et ce sera à toi, ensuite, de te faire ta propre opinion.

Factuellement, je suis Pierre-Alexandre Yacoub, franco-égyptien ou, comme j’aime à le dire, égypto-breton. Plutôt hétéro, je n’en suis pas moins pour la cause LGBTQ+ et je crois en un monde plus stable, où les sexes, les genres et les sexualités ne sont pas des objets de ségrégations, se mélangent et s’assemblent car franchement, ça ne fait pas de différence à mes yeux. Ce qui compte, c’est ce qu’il y a en toi; je ne parle là pas d’amour mais d’humanité. Quel que soit ton genre ou ton sexe, tu es humain ou humaine. Point.

Puisque nous parlons de genres, il convient de parler aussi de féminisme. Celui-ci sert autant aux femmes qu’aux hommes en permettant un meilleur équilibre des deux côtés (ne m’en veux pas, je parle là de biologie plus que de genres… quoique). Un équilibre dans les salaires, oui, mais aussi l’équilibre dans les émotions, la parentalité, face aux violences… Est-ce que je suis féministe moi-même? Je ne sais pas. Je sais juste que ce mouvement permet – ou permettra – à mon genre de pouvoir un jour pleurer “sans passer pour une fille”, de pouvoir être un homme au foyer “sans passer pour un chômeur”, de pouvoir bénéficier d’une justice qui admet que les hommes aussi peuvent être victimes de violences sexuelles, “sans passer pour une tapette”. Le féminisme, c’est autant admettre qu’une femme n’a toujours pas la même place qu’un homme dans la société qu’admettre qu’un homme n’a toujours pas la même liberté d’expression qu’une femme… et inversement.

Mais Pierre-A, pourquoi tu me parles de féminisme alors qu’il s’agit d’écriture inclusive, là?

Je me suis peut-être un peu égaré mais je ne pense pas que les deux soient… exclusifs! Les deux sont bien sûr différents mais sont, à mes yeux, vecteurs du même message: nos sociétés ont besoin de plus d’égalité entre les genres et les sexes.

Et je dis bien “nos sociétés” car, au-delà encore, je crois en un monde multiculturel et coloré, déjà car je suis métisse mais aussi car j’ai depuis longtemps compris que la France (ou n’importe quel pays), n’est pas purement “française” (et réciproquement, bien sûr). Non. Nos cultures se mélangent et s’assemblent elles aussi dans leur cuisine, leurs mœurs, leurs religions, leurs paysages… et leurs langues.

Déjà avec cette introduction devrais-tu connaître la teneur de mon discours: c’est ma lecture du monde et tu as le droit d’avoir la tienne.

Sources & ressources

Pour un tel sujet, il convient de s’enrichir par des recherches. L’usage veut que l’on partage les sources en fin d’article mais j’ai pensé intéressant de te les partager tout de suite pour que tu puisses toi aussi t’enrichir en amont, voire même décider que mes paroles ne trouveront pas valeur à tes yeux. Sans rancune!

Here we go:

J’ai également conscience que je n’ai pas toutes les informations et… c’est pas grave. Cela viendra. Cet article, je l’écris en Janvier 2021 et ce sera peut être une relique du passé dans quelques années. Prends-le comme un fragment de ma perception à ce moment précis, pas un autre.

Réflexion #1 – Point médian et exclusion

Réflexion #1 ou peut-être plus gros préjugé autour de l’écriture inclusive.

Lorsque j’ai demandé des informations sur le sujet au détour d’un groupe Facebook dédié à l’écriture, les critiques furent promptes à monter dans le fil de discussion. On laissera de côté les “j’en ai marre de votre idéologie féministe” et les “la langue a des règles pour une bonne raison” (cf. # suivant) pour se concentrer sur ce fameux point médian. Spoiler alert: je ne le maîtrise pas moi-même donc ne sois pas trop tâtillon•nne; tu comprendras l’idée.

Le point médian, c’est tout simplement l’ajout de points aux mots pour inclure les différents genres. Au lieu d’écrire “les étudiants de première année sont jeunes et fringants”, plutôt dire “les étudiant•es de première année sont jeunes et fringant•e•s”. Exemple non pris au hasard d’ailleurs, le mot “étudiant” découle des personnes qui étudient, ce qui sous-entend qu’il n’y a pas de genre sous-entendu à l’origine.

D’ailleurs, il ne faut pas confondre le point médian (•) avec le point bas (.).

Tu t’es fait avoir, c’est ça?

Euhm euhm. Bref, ce point médian est donc très simple à comprendre, son intérêt aussi: inclure. En ajoutant les variantes des sexes et genres à mes mots, je m’assure de représenter tout le monde (ou presque…) si je ne les différencie pas dans mon discours pour une raison ou une autre.

Mais voilà, et parce qu’il y a quelques “mais”, c’est un point qui fait débat:

  1. Esthétisme: si dans certaines phrases il ne pose pas problème, cela change quand les mots à variantes s’enchaînent. Genre, “J’ai rencontré mes lecteur•trice•s français•se•s à une convention délicieusement nerd pleine de cosplayeur•euse•s où tous•tes s’étaient donné•e•s à fond pour imiter leurs personnages et actreur•rice.s préféré•e•s”. Ça alourdit la phrase et peut la rendre moins fluide au regard; c’est là une affaire de goût mais une affaire de goût qui délie les langues.
  2. Dyslexie: je n’ai là pas trouvé d’études à proprement parler sur les difficultés éprouvées par les personnes dyslexiques mais ce qui revient est leur difficulté à lire cette forme inclusive en général à cause de tous ces points.
  3. Lecture audio: eh oui, comment les lecteurs audios font-ils pour interpréter ce format d’écriture? Je parle là pour les personnes malvoyantes qui nécessitent un outil de lecture vocale. “Acteur point rice point s” pour “acteur•rice•s”, c’est compliqué. J’exagère bien sûr ce qui ne t’empêche pas de comprendre l’idée.

Et ces deux derniers points ou même seulement le troisième sont pour moi les plus importants: l’écriture qui se veut inclusive devient alors exclusive ce qui s’oppose largement à son objectif! Je fais là également écho à Odieux Connard qui dit:

C’est fait pour plus de tolérance, mais c’est accessible à moins de gens qu’avant ? Et en plus, ça exclut l’un des seuls groupes pour qui la communication est déjà compliquée, raison pour lesquelles l’écriture se doit d’avoir des règles claires et efficaces ?

À titre personnel, si le point médian n’a pas d’effet sur ma pilosité, je ne le considère pas comme une solution valable dans la création d’une écriture plus inclusive. Heureusement, il y en a d’autres et c’est bien là toute l’ironie de la situation.

Eh oui, le point médian est souvent ce à quoi est résumée l’écriture inclusive alors qu’il y a pléthore d’autres possibilités. D’ici la fin de cet article, tu en auras plein en tête.

Réflexion #2 – Masculinisation et accord de proximité

Voilà l’un des points névralgiques de ce sujet: la masculinisation de la langue. Cours d’histoire en deux événements clés:

Académie Française, 1635

Autrice, philosophesse, avocate…

(…) il s’agit de métiers que les femmes ne sont pas dignes d’exercer.

Tu lis bien, ça veut dire qu’avant 1635 il existait des noms de métier pour les femmes supprimés ensuite et il y a même des preuves pour la plupart. Je t’en cite d’autres: magistrate, écrivaine, peintresse, poétesse, chirurgienne…

Anti fun fact: les métiers considérés comme “mineurs”, eux, n’ont pas eu cette chance: boulangère, couturière, servante… C’est donc bien marrant d’entendre des “la langue est comme ça donc faut pas la changer”.

Notons que la première femme à rejoindre l’Académie Française, Marguerite Yourcenar, ne la rejoindra que 345 ans après sa fondation, en 1980, ce qui rappelle une fois de plus le lien entre écriture inclusive et féminisme: les deux visent à remettre de l’équilibre dans notre société.

Si une organisation visant à défendre la langue française est dominée par les hommes, comment cette langue française peut pleinement représenter les femmes?

Scipion Dupleix, 1651

Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif.

Autrement appelé “le masculin l’emporte”… tu connais cette règle?

Avant elle, d’autres règles existaient, celles de la proximité ou de la majorité. Là encore, on la retrouve dans les textes comme avec Racine dans Athalie en 1691: “Surtout j’ai cru devoir aux larmes, aux prières / Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières”.

On en fait quoi?

Dans un cas comme dans l’autre nous sommes donc face à des règles arbitraires et politiques qui, une fois supprimées ou révoquées, ne constituent pas une forme de féminisation mais de démasculinisation de langue.

La règle de proximité est l’exemple même d’une habitude facile à reprendre si nous le souhaitons et c’est personnellement ce que je compte faire!

Attends un peu. Je fais quoi si la proximité ne suffit pas à déterminer le genre de mon adjectif?

Point tout à fait valable! Je te réponds avec l’exemple de madmoiZelle.com:

(…) je parle des lectrices de madmoiZelle, ça ne veut pas dire qu’il n’y a que des femmes, ça veut dire que le lectorat de madmoiZelle est majoritairement féminin.

Les filles peuvent être dans des classes de mécaniciens et les hommes dans des groupes d’infirmières. La règle de majorité prend sens tant qu’elle ne constitut pas une forme de différenciation sociale stéréotypée (globalement, si c’est “un truc de *insérer genre*”, c’est perdu).

Réflexion #3 – Le langage est fluide et perméable

Je parle beaucoup en franglais car ma vie mélange anglais et français et qu’il m’est souvent plus facile d’exprimer des idées dans une langue plutôt que l’autre. Bien sûr, dans notre contexte français, il n’est pas toujours accepté et même souvent moqué de mélanger les deux. Si tu parles avec un bel accent anglais, tu t’en vantes, si tu parles avec un bel accent français, t’es à la ramasse. Aaah, la bienveillance…

Nous ne disons pas “digital marketing” (pArCe QuE DiGiTal C lEs dOiGts) mais “marketing numérique” alors même que “marketing” lui-même n’a rien de français.

Double fun fact: Les gens sont prompts à critiquer les usages de chacun quand notre langue est le mélange d’autres langues. Le mot “assassin” vient de l’arabe, tout comme les mots kiffer, algorithme, bazar, kifkif, toubib. Nous empruntons aussi à l’allemand avec les mots ersatz, cobalt, wagon, vasistas ou à l’espagnol avec camarade, baie, corrida, sans compter tous les mots anglais couramment utilisés en français.

À dire vrai, presque 15% des mots de notre langue sont d’origine étrangère.

Mais… Tu t’éloignes encore du sujet, non?

Pas vraiment, je réponds à un autre argument: la langue n’est pas rigide, elle évolue dans le temps, que ce soit pour le mieux ou non. Si elle évolue, elle peut aussi aller dans la direction que nous décidons. Transition toute trouvée.

Pourquoi ne pas aller dans la direction qui admet trois genres: féminin, masculin, neutre? Aujourd’hui, le genre neutre est attribué au masculin, par défaut.

Par exemple avec “il était une fois”? Pourquoi pas “elle était une fois”?

J’aime bien tes questions. S’il est logique de vouloir diluer les ils dans des elles, cela risque d’inverser le problème et non de le résoudre, surtout dans cet exemple qui n’en est pas tout à fait un: “il” dans “il était une fois”, ne désigne aucun genre et est vide de sens. En plus de cela, l’écriture inclusive vise à inclure, pas exclure. Quid des personnes qui ne sont ni “il” ni “elle” ou les deux et qui de fait n’auront pas leur représentation dans la langue? C’est d’ailleurs l’un des arguments d’Odieux Connard en lien avec le point médiant:

(..) si j’écris « Ces militant.e.s sont biaisé.e.s » il ne peut y avoir QUE des filles et des garçons dans le groupe.

Il est cependant possible d’ajouter de nouveaux articles comme iel.s ou ille.s, par exemple, qui inclurait les deux et au-delà. Ou mieux encore, user de davantage de mots épicènes, à savoir qui ne changent pas de forme selon leur genre, comme: personnes, membre, nomade, partenaire, élève, camarade…

Donc sans même parler de point médian, nous pouvons déjà avoir un discours plus équilibré et inclusif avec ce que nous avons déjà dans notre besace littéraire. Ajoute à cela de dire “Bonjour à toutes et à tous” plutôt que “Bonjour à tous” sans que cela ne soit douloureux et tu intègres dès lors des habitudes qui te permettent d’inclure les hommes, les femmes et les personnes non-binaires.

J’en profite pour glisser un autre fun fact que je n’arriverai pas à intégrer subtilement: sage-femme est un mot épicène pour lequel dire “sage-homme” n’a pas de sens. En effet, le personnel médical se cache dans “sage” tandis que “femme” fait référence à la parturiente. Celui-là c’est cadeau, parturiente désigne la femme qui accouche.

Avoue-le, tu connaissais pas ce mot avant tes recherches

Coupable.

Réflexion #4 – La langue influence les perceptions

Le langage peut être autant un instrument de domination que de déconstruction de cette domination. On peut donc se saisir du langage dans une démarche de liberté et d’émancipation.

Laélia Véron lors d’une interview pour le 20minutes.

La langue n’est pas qu’un simple ensemble de mots. Elle est vectrice de pensées et de perceptions, influence les mœurs et peut être utilisée à des fins politiques et économiques. Le sujet de l’écriture inclusive n’est donc pas simplement un sujet de grammaire ou de linguistique.

Toi, petite fille, tu grandis en entendant que le “masculin l’emporte” aux côtés d’inepties comme “les sciences c’est pour les hommes” et “tu devrais te trouver un bon parti et fonder une famille”. Une simple règle de grammaire, qu’importe son origine, affecte tes perceptions une fois conjuguées à d’autres faits sociaux comme le fait que les grands noms féminins sont à peine visibles dans l’Histoire. Un exemple que j’adore, c’est celui de Marie Marvingt, première de beaucoup d’événements mais qui n’a pas beaucoup de pages dans les livres. Axolot en a fait un portrait des plus passionnants que je t’invite à regarder. Imagine, toi toujours petite, être exposée à toutes ces femmes formidables qui ne sont pas résumées à “la femme de” ou au “une femme”, quelle serait alors ta vision du monde… et de toi? C’est un sujet tellement plus large alors, si large qu’il touche les hommes aussi: “ne pleure pas, c’est un truc de filles”. Même toi, petit garçon, ta vision du monde est affectée, de façon inverse. Si le masculin l’emporte, ça veut dire que tu es plus fort, non?

Tu t’égares encore…

Oopsie doopsie, sorry not sorry.

En extrapolant, langue et impact social sont des sujets que l’on retrouve dans 1984 de George Orwell à travers la novlangue. Je te laisse entre les mains de Monsieur Phi pour la version détaillée mais t’en dis un peu plus juste après:

La subtilité du newspeak, en version originale, réside dans l’invisibilisation de certains mots au point de faire disparaître leur sens dans nos esprits et, par extension, notre capacité à les exprimer et donc à les conceptualiser. Si ce contrôle par la langue et la pensée relève de la fiction, je trouve le parallèle avec notre sujet actuel tout à fait possible.

L’outil n’est pas sexiste. Ce que l’on en fait, si.

Signé Odieux Connard et je suis d’accord. En soi, que des règles comme le “masculin l’emporte” existent n’est pas le problème si elles sont motivées par une réelle logique de neutralité de la langue: le masculin l’emporte car c’est la forme la plus courte et simple à écrire dans le cas où nous ne pouvons faire la différence (#AccordDeProximité #AccordDeMajorité). À ce stade, tu sais pourtant que ce n’est pas le cas.

Tout cet environnement linguistique peut pervertir notre perception du monde: le pouvoir est détenu par les hommes, la maisonnée par les femmes, les tâches industrielles sont réalisées par des hommes, les tâches ménagères par des femmes.

T’exagères un peu, non?

Ah? Mettons que statistiquement, le personnel de chantier est surtout composé d’hommes et le personnel de maison surtout de femmes. Le langage utilisé peut brouiller la perception de ces deux entités: si je dis que les ouvriers sont en situation précaire, tu n’y verras pas de femmes et si je te parle de violences sexuelles, tu ne penseras pas aux hommes, tout simplement car ni l’un ni l’autre n’est couramment représenté dans les discours associés. Les infirmières sont en colère et les médecins aussi, qui est qui dans ta tête, là tout de suite? Bien malgré toi, des raccourcis se sont faits.

N’est-ce pas problématique?

C’est là que l’écriture inclusive prend tout son sens! En rééquilibrant les genres dans la langue, je peux rééquilibrer la perception que j’ai associée à ces genres.

Pendant ce temps, c’est le point médiant qui fait débat…

Réflexion #5 – Et moi, je fais quoi de tout cela pour écrire ma fantasy?

Je n’ai pas mené cette réflexion sans arrière-pensée: est-ce qu’à mon humble échelle je peux participer au changement de ma langue pour qu’elle soit le reflet de mes convictions?

Oui. Oui, parce que “le masculin l’emporte” a toujours été une règle que je trouve scandaleuse, déjà petit. Elle défie la logique et la galanterie, pardi!

Tu savais que la galanterie c’était sexiste?

Ne me lance pas là-dessus, c’est pas le sujet!

Bon, ceci mis de côté, c’est aussi dans les petites actions communes que nous pouvons provoquer de grands changements. À dire vrai, je n’ai pas tant d’efforts à faire si je m’appuie sur les préconisations associées à l’écriture inclusive. Voici mon plan:

  • Utiliser le point médian (•) avec parcimonie. D’ailleurs, quand j’en ai besoin, je ne l’utilise pas et lui préfère un pipe (|) parce que… #thuglife.
  • Utiliser les bons termes pour désigner les métiers et les fonctions, vraiment les bons (autrice plutôt qu’auteure, par exemple). Cela n’est même pas une question, aucune raison de ne pas l’appliquer.
  • Dire Madame plutôt que Mademoiselle. Celui-là, pas facile je te l’avoue. Je n’ai jamais vraiment dit Mademoiselle par association au statut matrimonial ni n’y vois un signe distinctif social; il s’avère pourtant que son sens soit perçu différemment selon le contexte, ce qui le rend volatile. À réfléchir…
  • Utiliser des expressions non genrées ou stéréotypées. Typiquement, dire “la langue première” plutôt que maternelle ou “être fort comme un homme” (ne le dis pas mais j’ai déjà perdu au bras de fer contre des amies).
  • Passer d’Homme à Humain. Les Droits de l’Homme, vraiment? C’est si compliqué de faire la transition?
  • Exprimer les différents genres lorsqu’il n’y a pas de distinction possible ou, à défaut, utiliser des termes épicènes.
  • Mettre l’accord masculin par défaut à la poubelle. Vive l’accord de proximité! Celui-ci est marrant, je pense, car même pour moi il ne sera pas toujours naturel. J’ai 3 personnages principaux dans mon roman, deux filles et un garçon, c’est acté. Dire “Elles partirent toutes les trois” alors qu’il y a William dans le lot, c’est étrange.

Pas plus étrange que dire “ils partirent tous les trois” alors qu’il y a deux filles! Et la majorité dans tout ça?!

T’as tout compris, j’en suis ravi! Ce n’est pas naturel mais ça le deviendra. Je le ferai car c’est comme cela que j’affirmerai ma conviction et la transmettrai à travers mes écrits. En plus, il est tout à fait possible d’introduire cette règle en début d’ouvrage pour justement ne pas perturber mon lectorat (épicène!).

Pour autant, je ne prendrai pas tout.

Il est important d’utiliser la langue en pleine conscience sans tomber dans le sexisme en voulant être féministe.

Fait intéressant, cette pensée inclusive, j’essaie aussi de l’avoir en anglais. Hey guys n’est-il pas partiellement genré quoiqu’il puisse autant désigner les femmes que les hommes? Je lui préfère alors Hey folks qui est plus neutre et me plaît d’ailleurs davantage. L’écriture inclusive peut donc traverser les frontières et les cultures et pleinement devenir un pont.

Un dernier point avant de te laisser….

L’écriture inclusive, c’est un outil, pas une solution aux inégalités. Si tu dois te battre pour l’équilibre entre les genres, cette écriture n’est pas suffisante car seulement une conséquence de l’existant. Je te laisse méditer.

Cheers!

Pierre-A

Pierre-A

Jeune aventurier perdu entre digital et fantasy. Derrière cette description douteuse se cache un écrivain en quête d'évasion et un web-analyst hyperactif. Derrière cette deuxième description douteuse, juste un grand enfant comme les autres, fougueux et créatif.

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