J’ai fait une grosse erreur de storytelling
Carrefour naturel

J’ai fait une grosse erreur de storytelling

C’est la raison pour laquelle j’écris toutes les semaines: atteindre mes limites, faire des erreurs et devenir meilleur. Oups.

Réalisation de l’histoire de la semaine

Allez, story time!

A l’heure où je commence ce billet, nous sommes Jeudi.

Jeudi, c’est le jour de l’Evasion-letter, le jour où, à 14h (sans faute depuis que je l’ai commencée il y a 3 mois), j’envoie une petite histoire par e-lettre. Le rythme était d’une toutes les deux semaines pour être d’une par semaine à présent.

A l’heure où ce billet sera lu, nous serons Dimanche, jour durant lequel je balance tout ce qui se passe dans ma tête d’écrivain et, défi oblige, où je fais le bilan de la semaine.

Mais c’est surtout un espace pour vraiment balancer tout ce qu’il y a dans ma tête d’écrivain.

D’habitude, ce bout de folie, je l’écris le weekend, justement. Pourtant, après l’envoi du Lac des Signes, j’avais besoin de sortir le poison littéraire que je me suis moi-même injecté, l’écriture comme antidote.

La semaine dernière, je te faisais le bilan de ma première histoire, donc, et je te disais que pour la semaine suivante (celle-ci, tu suis?) je prendrai une image sur Unsplash pour m’inspirer, comme je l’avais déjà fait auparavant.

Alors, premièrement, j’ai menti. Enfin, pas totalement.

Je me suis baladé sur Unsplash et j’ai trouvé mon bonheur. Puis, instantanément, ça m’a évoqué un récit que j’avais écrit à la volée (#FreeWriting), comme nombre d’entre eux, que voici (brut):

 

Daim dans la forêt avec un symbole Valknut dans l'oreille

“Une route, une voie. Ils filaient vers ce qui semblait être leurs envies, leur destin peut-être. Au milieu de la forêt, leur voiture faisait voler les feuilles d’ambre sur son passage. Au loin, un daim levait la tête comme pour tenter d’apercevoir ce qui faisait un tel boucan.

Une portière claqua et fit s’envoler quelques oiseaux. Prise d’une folie, elle avait arrêté la voiture en lançant un regard langoureux à son compagnon. Le regard de celle qui avait une petite faim et qui savait qu’il y avait non loin une rivière à l’abris des regards.

La soirée avait encore la chaleur de l’été et, tout en le tirant à elle par la main, elle passa son débardeur au-dessus de sa tête. S’il n’avait pas compris le message, le tissu envoyé sur son visage finirait de l’éclairer. Son débardeur fut vite rejoint par deux pairs de chaussures, un t-shirt, un jean et une jupe.

Le daim, retourné à son repas, leva à nouveau la tête, curieux. Il déguerpit quand ces deux humains sautèrent à l’eau.

Rires et éclaboussures suivirent, puis des baisers, des caresses. Ils jouèrent, se chamaillèrent, se mordillèrent. Elle menait la danse alors qu’il se retrouvait sur le dos sur le sol de pierre, partiellement immergé, totalement submergé. Elle sourit avant de gémir. Il profita de ses yeux fermés pour la retourner et la laisser à son tour sur le dos. Les remous de l’eau devinrent plus irréguliers et plus forts avant de se calmer lentement puis à l’eau de redevenir miroir.”

 

Tellement de possibilités! On pourrait partir sur un récit érotique, un film d’horreur, une idylle… Moi, je l’aime bien, cet extrait. Alors je me suis dit: allez! on mix! Mais l’erreur n’est pas là, non.

Lors de son écriture, tout un tas d’inspirations remontent. Je pense au petit chemin dans My Neighbor Totoro ou cette scène avec un voile de marié dans The End of The F***ing World. 

Inspiration as usual. Mais il me manque un truc fondamental, alors que je balance mes mots et que je suis beaucoup plus serein que pour notre très cher Kraken de Pierre (cf. semaine passée, again!).

Un truc que je n’avais déjà pas avant mais qui arrivait grâce au WOOSH.

@Marjolaine, celui là est pour toi.

Erreur de débutant

Lorsque j’ai programmé l’envoi de mon histoire, il était littéralement 13h45. WHAT. Oui, 15 minutes avant ma deadline. Procrastination? Non. Inspiration? Non. Structure? Oui.

J’ai commencé l’histoire samedi, continué dimanche, mélangé des idées lundi, mardi… Et je me suis surtout enfoncé dans un gouffre sans fin de possibilités, de chemins et d’aventures inachevées. Un rêve? Un passage dans un autre monde? Une lettre d’adieu après une fin tragique?

J’écrivais, j’écrivais encore! Quel doux plaisir. Mais, au loin, dans ma tête, une petite voix me disait “Ô Grand Pierre-Alexandre, tu ne sais pas où tu vas!” (dans les faits ça disait plutôt “Espèce d’abrutit, tu vas écrire longtemps comme ça?!”).

Oui, c’est vrai. J’écrivais sans savoir où j’allais. Et c’est bien là mon malheur.

Je n’avais pas de destination, y compris à l’écriture du quatrième et dernier chapitre que je griffonnais, paniqué, jeudi matin. Je m’étais dit, à tort, que je découvrirai ladite destination à force d’écriture (#WOOSH).

Alors oui. Mais non.

Je n’ai pas eu cet éclat de lucidité que je recherche tant, en tant qu’écrivain. Ce moment où tout s’aligne et que j’entrevois enfin la destination de mon histoire.

Pourtant, j’ai continué, car il le fallait: 1 histoire par semaine. Est-ce une mauvaise chose de s’obstiner dans de telles conditions? Franchement, je ne sais pas. D’un côté, ça permet de boucler ce récit et de passer à autre chose et de l’autre, j’ai un sentiment d’inachevé.

Car oui, entre nous, je n’aime pas la fin de cette histoire. Et c’est bien dommage, elle partait si bien! Et ça se ressent côté écrivain mais aussi côté lecteur…

On sent que tu t’embrouilles un peu sur la fin. Comme si tu cherchais tes marques. Après elle reste bien ton histoire.

Celui qui dit ça, c’est Damien (coucou), mon lecteur le plus fidèle qui me fait des retours chaque semaine! Et ma foi, il a tout résumé en une phrase.

Donc non, je n’aime pas la fin de cette histoire. Pourtant, ça en fait un apprentissage très précieux, également. Je ne pense pas qu’il soit positif de publier une histoire que l’on aime pas à 100% car, fatalement, si tu n’aimes pas ce que tu écris, il y a fort à parier que ton lecteur ne l’aimera pas non plus.

Dans la conversation, Damien me précise d’ailleurs qu’il a apprécié l’histoire, juste que la fin était bancale:

Je pense qu’avec une petite correction elle peut donner quelque chose de vraiment bien. Il y a matière sous cette histoire mais je pense que tu n’as pas assez creusé.

Peut-être qu’il ne me fallait qu’un jour de plus, après tout.  La prochaine fois, je m’assurerai d’avoir une fin, une vraie, et pas le jour même pour dans deux heures.

Pour la troisième histoire, on fait comment?

Eh bien bien… Bonne question! Voilà mes possibilités:

  1. Piocher dans mes bouts de récits accumulés sur Google Keep (origine de cette histoire).
  2. Piocher dans mes petites cartes blanches.
  3. Me laisser voler avec une musique (souvent de pair avec n°1).
  4. M’inspirer d’une image Unsplash.
  5. Attendre un nouveau rêve.
  6. Partir d’un thème spécifique.

Beaucoup de choix, donc! Allez, pour finir, quelques apprentissages

  1. Cette histoire mélange plusieurs éléments et j’ai découvert une peur, celle de manquer de sources d’inspiration. Une seule solution: continuer d’ingérer et de créer!
  2. Lié à l’apprentissage n°1, mes histoires prennent forme grâce à tout un ensemble d’éléments anodins et aléatoires.
  3. Je peux écrire une histoire sans WOOSH mais je risque de ne pas l’aimer…
  4. Si je n’aime pas mon histoire, mon lecteur risque de ne pas l’aimer non plus.

Sur ce, à la prochaine, camarade!

Pierre-A

Pierre-A

Jeune aventurier perdu entre digital et fantasy. Derrière cette description douteuse se cache un écrivain en quête d'évasion et un web-analyst hyperactif. Derrière cette deuxième description douteuse, juste un grand enfant comme les autres, fougueux et créatif.
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