NaNoWriMo 2023 – Mon dernier premier jet?
Enfant tendant une lanterne à une figure-squelette géante

NaNoWriMo 2023 – Mon dernier premier jet?

L’édition 2023 du NaNoWriMo est pour bientôt, l’heure pour moi de poser mon esprit avant de me lancer!

Lettre aux futurs moi

Nous sommes le 25 Octobre alors que je commence ce billet traditionnel pre-NaNo.

C’est l’anniversaire de ma chère Birdy (keurkeur) et tandis qu’elle dort, je déborde de mes horaires pour répondre à l’appel du travail. J’avais espoir que les choses seraient différentes, ce cycle-là.

Elles le sont, d’une certaine façon. Année après année, j’apprends de nouvelles choses sur mon fonctionnement.

Il paraît, par exemple, que j’ai un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec/sans hyperactivité). C’est un sujet nébuleux et pendant longtemps croyais-je qu’il ne s’agissait que de problèmes de concentration et de niveau d’énergie trop élevé. 

Yeah, about that.

Dysrégulation émotionnelle, trouble de la mémoire immédiate, sensibilité sensorielle, difficultés sociales, pensées obsessionnelles… tout ça depuis quoi, toute ma vie? Alors, ce serait pas moi, le problème? Ce serait mon cerveau? Ce serait lui qui créerait cette colère quand ma concentration est rompue, lui qui met une distance avec les autres, lui qui me drogue à la musique pour faire taire ces pensées, lui qui m’empêche de dormir?

Je n’y crois pas.

Ce serait lui qui me rend excessif dans mon travail, une exigence indéçante et une impossibilité de décrocher quand j’ai défini un chemin à prendre?

Oh, pourquoi pas, après tout.

Il est 22h20 et j’ai fini de travailler il y a 10 minutes et je me coucherai sans trop dormir car je n’ai pas fini ce que j’ai à faire.  J’aurais dû passer plus de temps avec elle, lui dire que je l’aime et profiter d’un thé en sa présence, m’endormir avec elle.

Je n’y arrive pas. Je n’y arrive pas car mon excuse aujourd’hui, c’est ce nouvel audit qui prend du temps, ce truc que je dois faire vite pour dans bientôt. Ce truc insignifiant dans ma vie mais qui est un engagement professionnel. Je dois le faire.

C’est comme ça.

Oh, un burnout? A ce stade là, bien sûr mais ça n’a pas beaucoup d’importance. Je suis à l’aise avec cette idée, ai-je le choix, tout de suite? Bien sûr! Sauf que les choix que j’ai ne conviennent pas à mon cerveau. J’ai des ambitions, j’ai des plans très précis et je ne connais pas d’autres chemins pour le moment. Je n’en ai pas vu. J’ai cherché.

Quand même, les choses ont changé dans ma façon de travailler, avec ce TDAH. J’apprends mon fonctionnement, j’apprends mes limites, mes atouts. Je teste beaucoup de méthodes pour avoir un deuxième cerveau, puisque le mien n’est pas assez. Cela fait 15 ans que j’essaye. Oh oui. Les devoirs, les cadeaux, être à l’heure, être attentif, les partiels, les alternances, je galère depuis une éternité pour réussir à ne pas avoir le cerveau qui fuit. J’ai testé Monday. C’était chouette mais cher et piège. Je (re)teste Notion, c’est chouette mais c’est too late. Le cycle a repris, je suis pris dans le tonneau des vagues que j’espérais, enfin, enfin, enfin, surfer.

J’y croyais. Chaque fois j’y crois, chaque fois je me dis que cette fois-ci, j’y arriverai. Cette fois-ci, je m’endormirai avec elle, serein qu’importe la tempête dans cette mer de méduses. Chaque fois j’y crois car chaque fois, j’ai appris un truc, j’ai avancé, je reste optimiste.

Mais putain.

Je suis épuisé. Et je suis prisonnier de cette tête. Je ne peux pas y faire grand chose, concrètement. Je ne peux que rester optimiste, courir, courir, courir.

Puis après cet article viendront les appels, et je dirai que je suis désolé de ne pas avoir parlé de ça et je le penserai, je serai ému de cet amour et triste de ne pas y arriver. J’aimerais le faire mais la vérité, c’est qu’il n’y a rien à faire. C’est dans ma tête. Littéralement. Je ne suis pas fou, ce n’est pas psychologique.

Je suis mal câblé, cassé. C’est mon ressenti.

Tu me diras et, elle aussi, surtout, me dira que non. Elle m’embrassera sur le front et me dira que je suis neuroatypique et qu’elle m’aime avec ce fonctionnement magique.

Mais je n’y crois toujours pas, à cette neuroatypie. Mon diagnostic n’est pas terminé et cela fait deux ans que je vagabonde entre un combat contre moi et un combat contre ma tête. Les deux sont pareils mais les coups portés ne font pas les mêmes dégâts.

Eh puis, je ne peux pas tout reprocher à cette pseudo neuroatypie. Je suis responsable de tout cela, je suis responsable de mes choix et de mes non-choix, de tenter invariablement de faire co-exister ces deux vies, de vouloir tout faire mais pas si bien que ça. Je suis alors plein de remords car à la nuit tombée, c’est elle qui a froid pendant que je considère ne pas avoir le choix.

Hier, c’était son anniversaire et elle a dormi seule et le matin même, je savais que je ne serai pas présent comme elle le mériterait, et le soir je me détestais de ne pas avoir réussi. J’avais tout fait avant pour être là, sauf d’être là pour moi. L’humain derrière l’écrivain disait le moi d’il y a plusieurs mois. J’ai appris de mes erreurs et je continue volontairement de les faire car je me dis que cette fois-ci, oui, ce sera différent. Je le mentionnais déjà en Mars, cet article, quand l’année 2023 avait commencé en me laissant en errance spatiale, le silence en moins.

Et ça l’est, différent. Ce n’est, simplement, pas encore assez.

Alors je note tout ça, j’espère y donner sens, j’espère me relire dans quelques années et me dire que j’y suis parvenu. J’espère dans quelques années partager cette histoire, que je peux réussir avec cette vie littéraire et numérique, avec cette neuroatypique. Et j’ai besoin d’avoir cette vulnérabilité pour le prochain moi et un autre toi qui liras un jour en te demandant ce qui va pas dans ton quotidien.

Car avant toi, avant moi…

Il y avait un enfant créatif, plein de vie, qui vivait avec bonheur sa neuroatypie inconnue car elle était l’origine de tout, de son imagination, de ses rires, de ses folies.

Il y avait un adolescent qui était triste de ne pas s’intégrer, de se sentir à côté, d’être en quête de liens profonds sans comprendre pourquoi il était comme ça.

Il y avait un jeune homme qui n’était pas bien accompagné et qui s’est laissé manger par les pensées des autres alors qu’il devait se construire dans un cocon qu’il ne comprenait pas.

Il y avait un adulte en errance qui ne comprenait toujours pas pourquoi il était ainsi et pourquoi rien ne faisait sens et tout était bruyant.

Et il y a moi, en colère cherchant à reconnecter les points jusqu’à l’enfant qui écrivait déjà, sans parvenir à attraper sa main.

Bref. J’ai un univers à partager et bientôt, c’est le NaNoWriMo.

Lettre à Hebenelia

Hebenelia. Toujours toi.

Je voulais te publier en 2023 et résultat, je me suis engagé à t’écrire dès le 01 Novembre 2023. Bon, je voulais aussi te publier en 2020, hein.

Je ne regrette rien sauf  de ne t’avoir accordé plus de temps, je ne t’accorde jamais assez de temps à mes yeux cela dit. Fair. J’ai l’impression que je ne te terminerai jamais qu’importe à quel point j’avance. J’irai au bout, pourtant.

J’aimerais y arriver.

Ce weekend, je me reposerai avant le grand saut.

Je suis terrifié, tu sais.

Je suis terrifié car cette année, plus que les autres, je suis épuisé. Je suis épuisé au-delà de mon travail, je suis épuisé dans ma tête. Peut-être que je débuterai ce NaNoWriMo pour ne pas aller bien loin. J’ai conscience, cependant, qu’arriver jusqu’au NaNoWriMo est déjà un exploit. Je suis donc terrifié mais fier.

Je souhaite y arriver.

Tout ma vie tourne autour de toi. Mon temps libre, le dessin, le voyage et même, surtout, mon travail. Je travaille pour te donner une existence, je travaille pour que tu puisses prendre de la place et, paradoxalement, c’est ce travail qui t’empêche de prendre ton envol aussi, enfin, qui le retarde du moins.

Je veux y arriver. 

Ce sera peut-être pas en Novembre 2023 et je m’en fiche. T’es là, sous ma peau, tu peux pas partir. Nous avons une relation toxique, toi et moi.

Tu me bouffes et je continue à m’accrocher à tes merveilles car j’y trouve le réconfort d’un rêve en plein éveil. Sans toi, je ne me sens pas exister, c’est une réalité.

J’y arriverai. J’y arriverai car ainsi, tu pourras exister pour les autres aussi, apporter le réconfort que je cherchais en toi, donner cette place qui me manquait, permettre cette évasion dont j’avais besoin.

Alors je continuerai, encore, et encore, jusqu’à ce que tu sois dans ces librairies à l’emporter contre l’oubli.

Pour l’heure, je me réveille dans 6h pour aller à Paris.

NaNoWriMo 2023, me voilà

Pfiou…

Je devrais être gêné de dire tout cela et en vrai, pas tant que ça. Parfois je relis mes anciens articles et je me dis aussi que je devrais être gêné mais je ne le suis pas. Symptôme du TDAH ou certitude de faire le bon choix?

Les deux, probablement. J’écris pour les futurs nous, même si aujourd’hui, ça paraît vain.

Je n’ai, après tout, qu’un colibri sur le bras droit, signe d’un recueil tandis que j’ai une cuisse qui attent desespérement son once, signe d’un roman.

NaNoWriMo 2023, tu me promets des surprises, c’est certain.

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Pierre-A

Jeune aventurier perdu entre digital et fantasy. Derrière cette description douteuse se cache un écrivain en quête d'évasion et un web-analyst hyperactif. Derrière cette deuxième description douteuse, juste un grand enfant comme les autres, fougueux et créatif.

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