Prendre soin de l’humain derrière l’écrivain
Galaxie abstraite encadrée par un triangle et perforée en son centre

Prendre soin de l’humain derrière l’écrivain

J’ai passé tant de temps à vouloir m’améliorer en tant qu’écrivain que j’en ai oublié de prendre du recul sur moi-même… now is the time.

Rembobinons.

C’est compliqué en ce moment, artistiquement parlant.

*bruit de bobine qui se rembobine* #RéférenceDeMillennialEtPlus.

Fun fact: demande à un digital native (= né autour des années 2000) de te mimer un téléphone, tu verras comment c’est différent de nous! No judgment, je trouve ça fascinant, c’est fou comme les technologies affectent nos habitudes et nos gestuels. Je me demande ce qu’il en est pour nous versus des Gen X ou Boomers… Utiliser une carte? Balance des exemples!

Mais je m’égare!

  1. Janvier 2020: j’annonce à qui veut bien l’entendre que je suis Écrivain, j’assume mon statut de créatif à la plume bien trempée car je compte publier mon premier roman l’été suivant.
  2. Avril 2020: j’enclenche “la course aux Plumes Francophones” avec pour but de publier mon roman durant le concours Amazon.
  3. Mai 2020: je me lance dans un défi personnel d’écriture: écrire une histoire de 1000 mots toutes les semaines à partager dans mon Evasion-letter.
  4. Juin 2020: je me rends compte avec l’aide de celle qui sera plus tard ma coach éditoriale, Marjolaine, que c’est pas une si bonne idée et que je ne suis pas prêt… du tout. Mon histoire est presque finie mais est bancale de 10 ans d’écriture dans tous les sens, c’est une trilogie qui n’a pas encore de suite…. et on peut continuer longtemps comme ça.
  5. Juin 2020 toujours: je créaque. C’est comme craquer mais créativement. Tout se bloque dans ma tête, je n’arrive plus à rien, je panique. Il est temps de faire une pause.
  6. Septembre 2020: je reécris dans mon roman pour la première fois après 2 mois.
  7. Octobre 2020: je me prépare au NaNoWriMo 2020 et décide d’animer une petite communauté d’entraide sur le sujet, l’Atelier des Plumes Francopholles et ainsi embarquer tout le monde dans l’aventure.
  8. Novembre 2020: c’est le NaNo. C’est la panique (agaiiin). Je n’étais pas prêt, alors que je souhaite écrire le Tome 2 de ma trilogie, quand bien même le Tome 1 est bancal (spoiler alert, ça a pas bien fini). Je fais 1 Instagram Reels par jour pour marquer cette période.
  9. Décembre 2020: pause implicite, ma vie professionnelle prend beaucoup (trop) de place, je suis épuisé, j’attends que l’orage passe sans totalement poser mon crayon.
  10. Janvier 2021: je décide de recommencer mon Tome 1 and here we are.

Voilà donc 1 an que je me considère comme écrivain mais ce n’est pas le cœur du sujet.

Durant toute cette période, j’ai publié une quinzaine d’histoires courtes sur mon site et via mon Evasion-letter mais j’en ai laissé à l’abandon tout autant… Et ça me pose problème. Petit listing:

  • Dame Amelia: celle-ci, j’en ai partagé une bonne moitié par le passé mais elle n’a pas de fin, toujours pas. Elle raconte l’histoire d’une jeune femme qui se réveille dans la peau de quelqu’un qu’elle ne connaît pas au beau milieu d’une guerre qui s’apprête à éclater.
  • Celle qui se découvrait humaine: recueillie par des animaux intelligents, une jeune fille grandit sans savoir qu’elle est humaine, jusqu’au jour où un humain ayant perdu la mémoire brise ses certitudes.
  • Les Spectres du Manoir: ah… l’objet de ma descente… Un médecin légiste enquête sur le meurtre de sa famille intervenu des années plus tôt et une invitation à une réunion familiale pourrait bien être l’occasion de trouver des réponses.
  • Le Train des Couleurs: dans une réalité dystopique où les animaux n’existent plus, une mère emmène sa fille à une exposition sur la vie d’avant mais une organisation résistante risque de révéler plus qu’elle ne souhaite en dire.
  • Providence littéraire: la vie d’une écrivaine dans un café en pleine euphorie littéraire et qui risque bien de voir sa vie changer lorsque la porte s’ouvrira…

Pas foufou, hein? Et c’est sans compter toutes les bribes d’histoires commencées dans un carnet ou un autre dans lesquelles je me lançais avec ferveur. Je t’ai résumé cela à la va-vite sans y mettre la forme mais il y a un point commun à tout cela: moi.

Thanks, cap’tain!

Stay with me, tu vas comprendre. Quand tu es créatif ou créative, ce n’est pas rare de commencer quelque chose avec motivation pour ensuite le laisser de côté une fois que l’envie t’es passée. Nous connaissons tous cela!

La plupart du temps c’est tout simplement car l’impulsion n’est pas suffisante pour tenir la distance. Ouaip, n’oublions pas qu’écrire, dessiner, réaliser, ces arts et d’autres sont longs à terminer. En photographie, une fois que tu es dehors avec ton appareil, tu n’as plus qu’à shooter, pareil si tu as fait ton setup d’intérieur. Quand te vient l’envie de cuisiner, une fois tes ingrédients sortis, il est peu courant de faire marche arrière. L’impulsion de départ et facilement alimentée au cours de la préparation. J’exagère bien sûr, sur la longueur, si tu veux devenir bon dans quelque chose, ce n’est qu’avec la patience, l’ardeur, le temps et la répétition que tu t’en sors.. mais tu vois l’idée

En écriture ou en dessin par exemple, c’est un peu différent: cette impulsion ne sert qu’à cela: commencer. La difficulté est après…

Je les vois, tous ces messages dans les communautés d’écrivains du type “j’étais motivé|e mais maintenant que j’en suis au troisième chapitre, je m’ennuie” ou encore “je n’ai plus l’étincelle du départ”. Tu m’étonnes, devant l’ampleur de la tâche…

Je n’ai pas (encore) de solution pour cela. Intuitivement, je pense que c’est une affaire de projection: ce que nous imaginons de l’histoire ne va pas encore assez loin pour nous tenir courbé sur le clavier car nous ne savons tout simplement pas où elle va et nous ne sommes pas assez loin nous-mêmes pour y croire. Autrement dit, planifier un minimum son histoire au-delà de l’impulsion initiale est une stratégie puissante pour réellement la mener à bout.

Mais voilà…

Planifier ne suffit plus.

J’ai une bonne idée d’où vont mes histoires à présent grâce à tout ce travail d’expérimentation ces derniers mois mais il y a une chose essentielle sur laquelle je n’ai pas pensé à travailler:

Moi.

Moi en tant qu’être humain, pas en tant qu’écrivain.

Gérer l’impulsion de départ, je sais à peu près, projeter mes idées, creuser mes personnages, comprendre ce qui pose problème, me motiver, m’inspirer, ça, je m’en sors. Je dis pas que je sais écrire de bonnes histoires; je dis que je suis plus lucide sur leur réalisation.

Cela étant, le fond de mon problème se résume en trois mots:

  1. Estime
  2. De
  3. Soi

Vois-tu, créativement parlant, je me suis lancé dans beaucoup de choses: photographie, dessin, guitare, origami, vidéo, webdesign et bien sûr écriture. Je suis bon à démarrer, mauvais à m’accrocher. Je n’ai jamais atteint le stade de “bon” dans quoique ce soit, y compris dans les jeux-vidéos d’ailleurs et c’était pareil à l’école. Je suis moyen en tout, bon en rien. Je ne le regrette pas pour autant, hein, il est précieux d’être polyvalent.

Pourtant, sans l’avoir réellement verbalisé jusque-là, je crois bien que cette certitude de ne pas être bon m’empoisonne dans mon écriture. Mon subconscient me crie “pourquoi en serait-il autrement ici?“.

Sauf que contrairement à toutes ces autres activités, l’écriture, c’est mon truc.

J’ai confiance dans le fait que l’écriture est l’art qui me correspond le plus et dans lequel je peux m’épanouir pleinement.

Mais pourquoi serais-tu bon pour autant?

Shut up, me.

C’est profondément enraciné, évidemment. Pour connaître l’origine, bon courage. Par contre, cela a des effets sur beaucoup de choses:

  • Je lis de moins en moins, d’une part parce que je ne prends pas le temps que je devrais mais aussi car chaque lecture de bon livre me rappelle que je suis encore très loin d’achever mes ambitions.
  • Je lis très peu les autres (communautés…) par arrogance, déjà, et parce que je me sens obligé de me comparer et de voir à quel point d’autres plumes supposément au même niveau que moi sont en fait meilleures.
  • Je m’autosabote au démarrage d’une histoire parce que “à quoi bon, ce sera mauvais”

Et bien sûr, je me trouve bien des excuses.

C’est franchement très c*n, on est d’accord, non?

Et pourtant… here we are.

Alors je dois régler ce problème, si je veux réellement avancer.

Wish me luck!

Pierre-A

Pierre-A

Jeune aventurier perdu entre digital et fantasy. Derrière cette description douteuse se cache un écrivain en quête d'évasion et un web-analyst hyperactif. Derrière cette deuxième description douteuse, juste un grand enfant comme les autres, fougueux et créatif.

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