L’Académie des Elfes – Refuge Sylvestre
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Arbre au milieu de la forêt

L’Académie des Elfes – Refuge Sylvestre

Estë est presque une elfe comme les autres, une Gardienne comme les autres, à ceci près que personne ne doit savoir d’où elle vient, à l’Académie des Elfes.

Esprit libre

Penchée dans le vide, Estë se délectait du vent qui soufflait à travers les feuillages jusqu’à se glisser entre ses mèches qui partageaient la même teinte que ses yeux: celle de la Forêt d’Émeraude.  

Personne n’était censé savoir qui elle était et de l’autre côté, elle avait montré être à même d’être Gardienne, un trait qui, elle en était certaine, se montrerait précieux dans son rôle futur. Avoir en soi l’équilibre entre Ténèbres et Lumière était d’une rareté sans pareille au sein de ce peuple né des ombres.

Elle n’était pourtant pas prête pour jouer ce rôle et faisait partie, par chance selon elle, d’un peuple à la longévité légendaire et elle pouvait compter sur celle de sa mère, de longévité. En attendant, néanmoins, elle avait réussi à faire valoir son objectif de développer ses pouvoirs et elle se trouvait donc ici, à l’Académie des Elfes.

C’était un endroit merveilleux, pour ses yeux d’adolescente. Située au cœur de la Forêt d’Émeraude, le nord d’Hebenelia, elle accueillait le peuple Elfe en quête de savoir et de force, aussi bien les Gardiens en devenir que les étudiants normaux, comme toutes les Académies d’Hebenelia. Toutes, sauf celle d’Aube-Crépusculaire qui n’accueillait que les Gardiens et uniquement eux.

L’Académie des Elfes était pour autant la seule à ne pas accepter d’autres races que celle des elfes, notamment car ce peuple était le seul à pouvoir pénétrer dans cette contrée du monde, si ce n’était pour les rares êtres vivants autorisés. Pour elle qui ne connaissait les autres Académies qu’à travers les contes et les histoires, la sienne était la plus belle. Construite autour d’un des plus vieux et massif des arbres, elle était faite de dizaines d’étages de bois en suspension dans les airs et entrelacés de lianes et de feuillage. 

Comme à toutes ses pauses, elle était sortie de sa classe pour aller directement près de l’arbre et ainsi se délecter de cette vue qui la faisait tant rêver la nuit. Bien qu’elle ait grandi dans cette région, elle ne se lassait pas de voir le soleil couler entre les feuilles et éclabousser l’écorce de ces arbres millénaires sans aucune vergogne. Au-delà de la vue, c’était aussi le parfum, qu’elle chérissait tant. Celui de la maison et celui de l’Académie étaient très différents. Celui de la maison était plus floral, plus subtile, plus doux. Celui de l’Académie était plus humide, plus fort, dominé par l’écorce de cet arbre qui n’avait de supérieur que l’Arbre Monde des légendes d’autrefois, avait-elle entendu de la bouche de sa nourrice.

Elle était éprise de ce lieu et ne trouvait rien à lui reprocher. Pourtant, il était de son vœux le plus cher que de connaître ces autres Académies. Chacune était unique à sa manière. Elle voulait particulièrement voir celle de La Grande Plaine, réputée offrir une vue à couper le souffle grâce à un horizon mangé par le ciel. Il était même dit qu’Aube-Crépusculaire pouvait être aperçue depuis l’une des ses tours!  Elle avait hâte de finir sa formation et ainsi pou…

  • Estë! Te voilà! cria une voix derrière elle, ce qui la fit sursauter.

C’était son amie Lyrei qu’elle avait rencontré à son arrivée en ces lieux. Elles ne faisaient pas partie de la même classe car Lyrei n’était pas une Gardienne mais elles partageaient quelques cours, notamment celui sur l’histoire d’Hebenelia.

Estë se retourna pour faire face à son amie, s’arrachant à sa contemplation. Lyrei semblait affolée, ce qui l’inquiéta:

  • Tout va bien?
  • Non! Il y a un homme d’en dehors l’Académie qui souhaite te voir. Il dit que c’est important. Il dit que c’est à propos de ta mère!
  • Ma mère?! Emmène-moi!

Ma mère? pensa-t-elle pour elle-même à nouveau. Une boule d’inquiétude se forma dans son ventre. Jamais, depuis son arrivée, n’avait-elle eu de contact avec sa maison et cela faisait maintenant six mois qu’elle était ici. Elle partit à la suite de son amie sans même un mot à son instructeur qui ne la reverrait pas de si tôt ni même un dernier regard envers cet arbre majestueux.

Un seul homme

Lyrei la mena jusqu’à l’entrée de l’Académie, une poignée d’étages plus bas. Sur le chemin, elle lui expliqua que l’homme avait pressé la garde de le laisser passer mais que celle-ci avait refusé. Il avait hélé à qui était à portée qu’il cherchait Estë Bois-Sombre. Suspicieuse, elle avait hésité jusqu’à ce que l’individu ne mentionne sa mère; elle avait préféré la prévenir, par précaution. Dans tout son entourage proche, elle ne connaissait vraiment qu’un seul homme. Ce n’était pas son père, mort il y avait bien longtemps, ni un quelconque autre garçon. Non, la présence du seul homme susceptible de venir jusqu’à elle lui faisait présager le pire. Il n’y avait qu’une seule raison pour qu’il soit là; aucune nouvelle ne méritait le déplacement d’un homme si important qu’il n’était jamais vu ailleurs qu’en compagnie de la Reine. 

Elle ne savait pas ce qui l’attendait au détour de l’imposant escalier de bois noir qui se perdait dans le sol noueux. La lumière passait langoureusement à travers le lierre de l’arche et transformait les feuilles en jade mais peignait sur son visage des ombres aux reflets d’inquiétude. Au loin, elle apercevait le haut de la grande muraille boisée qui séparait l’Académie du reste du monde.

Le dernier escalier qui y menait fut le plus dur.

Son environnement lui sembla moins magique, moins bucolique, moins idyllique. Elle qui avait tant voulu s’échapper de sa maison, partir à l’aventure, quel bonheur avait elle eu lorsqu’elle avait passé l’Épreuve qui avait fait d’elle une Gardienne en devenir. Elle aimait sa maison, du fond de son cœur. Elle aimait sa famille aussi, sa mère, sa nourrice qui l’avait élevée. Elle voulait juste goûter aux mystères de ce monde, voir le ciel autrement qu’à travers les arbres, découvrir la neige, le grand air! Tout cela devenait soudain dérisoire sous cette arche au bout de laquelle l’attendait une nouvelle qu’elle redoutait.

Elle avait congédié Lyrei, bien avant les premières et dernières marches, en lui promettant que tout irait bien et qu’elle lui expliquerait. Elle n’y croyait pas. 

Elle tenta d’apercevoir qui la cherchait avec tant d’empressement mais la garde ne laissait rien passer, pas même la vision d’une silhouette.

Ce fut à l’avant dernière marche qu’elle le vit. Jamais ne sut-elle comment elle était parvenue à franchir les deux dernières.

Loernlei l’attendait.

Loernlei, Lance Suprême de la Garde d’Émeraude, le plus haut titre après celui de Roi et celui de Reine.

Loernlei, Protecteur Personnel de sa Majesté, sa mère.

Pierre-A

Pierre-A

Jeune aventurier perdu entre le monde digital et le monde fantasy. Derrière cette description douteuse se cache un écrivain en quête d'évasion et un web-analyst hyperactif. Derrière cette deuxième description douteuse, juste un grand enfant comme les autres, fougueux et créatif.
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